10 conseils pour choisir un vidéaste de mariage

Entrée dans la salle

Vous cherchez un vidéaste. Vous arpentez plusieurs sites, vous regardez un peu toutes les vidéos de mariages qu’ils ont couverts. Si jamais le choix est difficile à faire, je vous propose de porter attention aux 10 points ci-dessous. Certains sont des critères de qualité, d’autres sont liés à vos préférences personnelles. Car il y a deux grands principes sur lesquels votre vidéaste doit vous satisfaire :

  • Il doit produire des vidéos qui sont au niveau technique que vous espérez.
  • Il doit être en mesure de comprendre votre projet de mariage et votre état d’esprit pour produire une vidéo qui vous ressemble.

Ne pas se focaliser sur la durée

Il est tentant de regarder le prix, puis la durée de vidéos montées promise, et de calculer le ratio. Mais ça ne marche pas comme ça : vous ne serez pas plus heureux avec 3 heures de vidéos qu’avec 30 minutes, au contraire. L’essentiel de mon savoir faire se trouve dans la réalisation de vidéos rythmées. Au final, il y a 30 à 45 minutes de métrage livré (je ne compte pas les cérémonies que je capte dans leur entièreté), mais réparties sur plusieurs courtes vidéos par thématique.

Au delà de 5 minutes, personne d’autre que vous et votre famille très proche ne regardera une vidéo dans son entièreté. Au delà de 30 minutes, vous ne regardez la vidéo qu’une fois, puis plus jamais. Evidemment je généralise, les exceptions sont possibles, mais c’est l’idée.

Une vidéo « courte » est bien plus complexe à monter qu’une vidéo longue : le vidéaste est payé pour avoir un œil aiguisé sur chaque plan et faire une sélection de ceux qui méritent d’être insérés au montage. Avec une vidéo très longue, il n’y a plus de sélection. Le monteur enquille ses plans les uns à la suite des autres, sans même tenir compte de leur qualité, et on obtient une vidéo moche avec un rythme trop lent. Ne croyez pas que 3 heures de vidéos vous en donneront pour votre argent.

Eviter les vidéos qui tremblent

Le filmage à l’épaule peut donner un certain style, je le pratique régulièrement. Par contre, le filmage au poignet est un fléau un peu trop présent chez les vidéastes de mariage qui n’investissent pas assez dans leur matériel. Il se traduit par des micro vibrations extrêmement désagréables visibles à l’image, causées par les minuscules mouvements du poignet qui sont intégralement retranscrits à l’écran. Exemple dans les 18 premières secondes de cette vidéo :

Une image qui tremble légèrement n’est pas un problème. Par contre, une image dotée de ce type de secousse à très haute fréquence durant toute une vidéo est assez insupportable.

Généralement, ces tremblements disgracieux concernent les appareils photo utilisés comme caméras. Etant moi-même dans ce cas, mes appareils sont constamment montés à minima sur un shoulder rig. Ainsi, je peux plaquer le support contre mon corps pour éliminer les vibrations. Et je dispose aussi d’autres solutions pour stabiliser mes plans en mouvement.

Pour contrer les tremblements, la plupart des vidéastes stabilisent leur image numériquement avec leur logiciel de montage. Je le fais moi même par moments. Mais l’abus de cette méthode sur des plans qui tremblent trop ou de la mauvaise manière diminue fortement la qualité de l’image et la déforme. Cet effet indésirable est visible sur la vidéo précédente à partir de 19 secondes, à gauche : le sujet, l’oiseau, est parfaitement stable. Par contre le décor autour semble gélatineux, il se déforme dans tous les sens.

Vérifier les mises au point

La mise au point n’est pas aisée en vidéo. Surtout sur les vidéos de mariage où l’on aime bien abuser du bokeh pour flouter le fond et ainsi produire une image douce.

Coiffure

En effet, c’est très beau, mais ça complexifie énormément la mise au point : il faut être ultra précis ! Et contrairement à la photo, dans ces moments, on ne peut pas utiliser l’autofocus.

Ainsi, vérifiez bien que le vidéaste qui vous intéresse ne galère pas trop avec ses mises au point : les sujets flous à répétition, c’est fatiguant. Alors certes, un point un peu mou de temps en temps est inévitable : ça arrive au cinéma alors que les prises sont répétées, donc lors d’un événement en direct avec des instants uniques à filmer sur le vif, c’est inévitable. Une image floue en vidéo est beaucoup plus supportable qu’en photo ou qu’un son de mauvaise qualité. Mais vous devez exiger un minimum de soin de la part de votre vidéaste à ce sujet.

Certains plans peuvent être « artistiquement » complètement floutées, volontairement. Personnellement ce n’est pas mon style.

Flou artistique

Petit conseil pour repérer un cameraman qui lutte avec la mise au point : faire attention aux moments où il « pompe ». L’image est floue, il tourne alors sa bague de mise au point dans un certain sens pour affiner. C’est mieux, mais il tourne un peu trop, l’image passe le point et redevient un peu floue ! Il tourne alors légèrement la bague de mise au point dans l’autre sens pour arriver au bon point. Etape bonus au début : il se trompe de sens, et l’image devient plus floue au lieu de s’améliorer. Cela m’arrive sur chaque tournage d’avoir ce petit moment de solitude, mais ces cafouillages ne finissent pas dans les montages finaux. Et je fais en sorte de ne pas rencontrer ce problème lors des moments cruciaux : je me place de manière stratégique afin de maîtriser ma mise au point et je répète les éventuels changements à l’avance.

Juger la qualité du son

Une image de mauvaise qualité, ça peut encore donner un bon film. Par contre, un son de mauvaise qualité est disqualifiant. Avoir du mal à comprendre un discours à cause d’une prise de son qui le rend inaudible, c’est l’enfer. Les principaux fléaux :

  • son trop bas
  • bruit de fond
  • bruit du vent
  • bruit des cigales
  • son qui sature
  • bruit de la caméra

Vérifiez que votre vidéaste peut rendre un son audible et agréable à entendre. C’est un sujet très difficile pour un vidéaste de mariage : on intervient dans plein d’environnements différents au cours d’une même journée, et on ne va pas s’amuser à placer des micro-cravates sur tout le monde ou à nous balader avec un perchiste. Il est donc rare d’atteindre l’excellence dans ces conditions, et on doit parfois se contenter de quelque chose de « juste » correct.

Evaluer le prix total

La plupart des tarifs affichés par les vidéastes n’incluent pas tout. Voici les points à vérifier :

  • Indemnités kilométriques entre le domicile du vidéaste et le mariage, mais aussi entre les différents lieux tout au long de la journée.
  • Heure de début de la journée.
  • Heure de fin de tournage : est-ce que le vidéaste part bien après avoir pris des images du bal ?
  • Mise à disposition des rushes : c’est généralement une bonne source de revenu supplémentaire sans trop en faire. Pour ma part, je les offre, le client a juste à se déplacer chez moi pour les récupérer. S’il ne peut pas, un envoi par la poste sur disque dur est nécessaire, ce que je facture au prix coûtant.
  • Vidéos montées supplémentaires : payer un vidéaste plus de 1000 € pour une seule vidéo de 5 minutes, c’est peu rentable. Renseignez vous sur ce que le vidéaste vous propose d’autre. Et attention à ce qu’il ne fasse pas du remplissage, en proposant d’autres vidéos remplies de mou, de moments de flottements et de longueurs.

Travailler avec une personne agréable

C’est le jour de votre mariage, le jour de la célébration de votre amour. Ce n’est pas le moment de vous faire suivre toute la journée par une personne que vous ne sentez pas. Il faut que le courant passe un minimum, que tout le monde ait une vision commune. Je ne parle pas de trouver un(e) ami(e) en puissance, mais juste une personne agréable, souriante.

Regarder toutes les vidéos d’un autre mariage

La quasi totalité des vidéastes ne diffuse sur Internet que les vidéos récapitulatives de 5 minutes. Mais il y a une ou plusieurs autres vidéos inclues dans la prestation, généralement plus longues. Je vous recommande très fortement de demander à voir ces vidéos.

Généralement, ces autres vidéos sont un peu moins soignées que la vidéo « star ». Je passe moi même beaucoup plus de temps a peaufiner la colorimétrie et le montage de cette dernière, et c’est normal : c’est la plus vue. Mais il faut quand même que les autres vidéos aient un niveau technique acceptable. De plus, elles doivent rester intéressantes et bien rythmées.

Jauger le rapport humain/nature morte

Dans un mariage, il y a les mariés et leurs invités, mais aussi les lieux, la décoration, le mobilier. Pour ma part, je suis totalement tourné vers l’humain : je filme les interactions des gens avant tout. Je ne me balade pas pour faire des plans d’ensemble de la salle de fête vide (quelle tristesse !), des gros plans des ronds de serviettes et des 3 couteaux bien alignés. Le photographe, lui, immortalisera votre décoration seule, et c’est très bien ! Cela fera de belles photos à égrener dans les pages de votre album. Mais pour la vidéo, l’intérêt n’est pas là.

Je mets quand même certains plans d’exposition dans mes vidéos : quand il  y a de belles choses, il faut les filmer. Mais je veille à constamment rajouter de l’humain au premier ou second plan :

  • Un grand château ? Profiter des gamins qui jouent dans la cour pour les faire figurer dans un coin de l’écran.
  • Un stand bonbons/nourriture/cadeaux soigné ? Attendre que des gens viennent se servir pour le filmer.
  • Les alliances sur un support classe ? Inclure la personne qui les transporte/prépare dans le plan.
  • Un beau plan de table ? Montrer les invités qui y cherchent leur place.
  • Une magnifique salle de fête avec poutres apparentes ? Autant la filmer quand elle est pleine de monde à craquer.

Ce point est donc très subjectif. Vous aurez des orientations diamétralement opposées à la mienne si vous allez voir d’autres vidéastes, et ça se respecte totalement. Ce sont des différences de style. Pour ma part, je n’y peux rien : quand je vois une vidéo insister sur des magnifiques chaises vides, belles tables inoccupées, grandiloquents lieux de cérémonie désertés, j’imagine que tout le monde a fuit à cause d’une menace nucléaire.

Jauger la répartition de la durée des séquences

Il se passe énormément de choses en une journée de mariage. Pour la vidéo récapitulative, le défi est de condenser tout cela en 5 minutes. C’est très difficile ! Regardez sur quels passages s’attardent les vidéastes qui vous intéressent, et voyez si cela colle avec vos envies.

Par exemple, mes vidéos récapitulatives vont très vite sur la préparation des mariés : les plans de coiffure/maquillage/habillage sont parfaits pour introduire la vidéo et nous mettre dans l’ambiance, mais en moins de 20 secondes je passe à la suite. A côté de cela, je réalise de toute façon une vidéo centrée sur les préparatifs qui dure plusieurs minutes et qui montre bien cet instant en détail. A l’opposée de mon approche, je vois parfois d’autres vidéastes qui passent plus d’une minute sur cette séquence dans leur vidéo récapitulative. Avec application de laque au ralenti, tour complet de découverte du domaine et moult plans sur les moindres accessoires, chaussures, robe, bijoux, barrettes, poêles à frire, katanas, jantes alliage.

Encore une fois, c’est très subjectif : à vous de voir sur quelle partie de votre journée vous souhaitez mettre l’accent.

Enfin, mon petit plaisir : montrer la préparation en gardant le suspense, comme si je filmais des super héros enfilant leurs costumes. Pas de plan large de la robe, visage de la mariée 3/4 de dos, pour garder le surprise et la découvrir en même temps que le marié.

Eviter les packs photos + vidéos

Oui ça fait 11 conseils, mais je fais ce que je veux !

Il n’est pas possible de filmer et photographier un mariage à la fois pour une seule personne. Bonne chance pour photographier et filmer le lancer de bouquet, l’échange de consentements ou encore la sortie de la cérémonie quand on n’a qu’une seule paire de bras. On va forcément manquer un moment important sur l’un des deux médias.

J’ai entendu parler de prestataires qui tournent des vidéos puis réalisent des captures d’images de ces vidéos pour en extraire des photos. J’ai d’ailleurs déjà fait ça pour dépanner des clients dans une situation vraiment désespérée. Cela donne des résultats plutôt mauvais : la résolution d’une vidéo est beaucoup plus faible que celle d’une photo. Cela peut convenir à la rigueur pour des photos que vous partagerez sur les réseaux sociaux. Mais si vous voulez imprimer des clichés, c’est à proscrire, le manque de qualité sera trop fort.

Le matériel évolue, et il viendra un jour où extraire une photo d’une vidéo ne posera plus de problème technique. Cependant, il restera l’obstacle artistique : un même instant n’est pas cadré de la même façon selon que l’on soit en photo ou en vidéo.

Méfiance aussi envers les prestataires qui vous disent venir avec un « assistant », par exemple un photographe qui déléguerait la vidéo à ce dernier. Il faut s’assurer que l’assistant est vraiment un vidéaste. Photographe et vidéaste, ce sont des postes qualifiés à part entière. Un assistant au sens premier du terme pourrait m’aider à porter mon matériel, installer mes caméras, gérer mes sauvegardes, et à la rigueur tourner des plans secondaires. Mais je ne pourrais pas lui déléguer entièrement la prise de photos ou de vidéos.

Conclusion

Conseil classique, qui marche partout : voyez plusieurs professionnels, demandez leur des devis, et comparez. Ne vous arrêtez pas aux premiers prix affichés, sinon vous aurez des surprises.

Et surtout, pensez à la place de la vidéo par rapport à la photo : vous allez avoir les deux, chacun des deux supports a ses forces et ses faiblesses. Ils ne seront pas utilisés pour mettre en avant les mêmes éléments de votre mariage.

 

Astuces, Philosophie

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