La coordination entre le photographe et le vidéaste

Séance photo
Thierry Demko en pleine action

J’expliquais dans un précédent article qu’il fallait 2 personnes distinctes pour s’occuper de la photo et la vidéo, notamment pour les mariages. Reste à voir comment les deux peuvent travailler ensemble sans se gêner l’un l’autre.

La problématique

Le photographe et le vidéaste peuvent se gêner de deux façons différentes :

  • ils peuvent se rentrer dedans ;
  • l’un peut se retrouver dans le champ de l’autre.

Cela peut surtout avoir lieu aux moments cruciaux comme l’arrivée des mariés à une cérémonie : ils marchent généralement au milieu de deux rangées de chaises, c’est assez étroit. il en va de même pour beaucoup d’autres moments tout au long de la journée.

Priorité à la photo

Mon point de vue est plutôt simple : en tant que vidéaste, je ne dois apparaître sur le moins de photos possible. A l’inverse, si le photographe se retrouve dans quelques coins de mes plans, ce n’est pas grave. Voyez donc avec le mariage de Maud et Guillaume :

 

Le photographe est présent sur 10 plans. Je suis même présent dans le coin d’un plan lorsque j’ai filmé la cérémonie laïque à plusieurs caméras. Et tout cela ne compte pas les plans où l’on voit les flashs du photographe. Bref, le fait de voir le photographe dans les vidéos importe peu de mon point de vue : je filme la journée en mode reportage, il est donc normal de voir ces choses là. Et de toute façon, elles ne se remarquent pas du tout au final. Garder le photographe hors du champ l’aurait contraint à limiter ses possibilités, ce qui est inenvisageable pour les photos. Et me forcer à ne pas le filmer aurait modifié mon cadrage et gâché certains plans.

Aux ordres du photographe

Au début de chaque journée avec un photographe que je ne connais pas, je lui sors mon laïus habituel : « priorité à toi, c’est toi qui donnes des directives, je ne fais que suivre, et si je te gène, dis le moi ou bien donne moi un petit coup de hanche, je ne t’en voudrai pas ». En pratique, les photographes sont tellement gentils qu’ils osent rarement me dire quand je les dérange, ou bien ils prennent plus de pincettes que nécessaire !

Je suis donc en position de suiveur, surtout lors de la séance photo : la vidéo n’est pas la priorité à ce moment. J’ai d’ailleurs tendance à ne pas suivre toute la séance, pour laisser les mariés en intimité. C’est déjà assez difficile pour des amateurs de paraître naturels devant un objectif. Alors si en plus on a un cameraman qui tourne autour, c’est encore plus compliqué.

Il n’y a de toute façon aucun intérêt à filmer la séance en entier : les mariés prennent des poses figées, cela n’a pas de sens de filmer au delà de quelques plans. Le plus intéressant pour moi est surtout de filmer les mariés dans leurs déplacements entre deux spots, les voir prendre position, se parler. Il m’arrive aussi de rentrer brièvement dans le champ du photographe pour prendre un petit plan, auquel cas je le préviens à l’avance et je repars en courant.

Totalement assumer la présence du photographe

Le photographe fait partie du mariage : il va beaucoup échanger avec les mariés pendant la journée, beaucoup plus que moi. Dans la majeure partie des cas, c’est une personne agréable, qui laissera un vrai souvenir aux mariés. La séance photo est une expérience à elle toute seule. C’est pourquoi je n’hésite pas à inclure le photographe dans certains plans :

séance photo
Jérémy Savel et sa compagne concentrés

Ce genre de plan ne finit généralement pas dans le clip récapitulatif principal, mais il est présent dans la vidéo détaillant la séance photo.

Un peu de tricherie

Il reste quand même certains moments où la présence du photographe peut être un peu gênante. Par exemple sur un plan fixe assez long, au moment clé d’un discours émouvant du marié :

Speech de guillaume original

Le fait que le plan soit totalement fixe est à la fois une force et une faiblesse : Il amplifie les mouvements du photographe qui est un des rares éléments mobiles, ce qui le rend très visible. Par contre, un plan fixe est très facile à truquer, au contraire d’un plan en mouvement. Ainsi, dans ces moments là, pas d’hésitation, j’efface cruellement le photographe :

Speeh de Guillaume

Raison de plus pour laquelle je ne cherche pas à restreindre les mouvements du photographe : dans le pire des cas, sur les plans fixes, je sais que je pourrai le gommer.

Quand la vidéo prend le dessus

A la nuit tombée, mon discours change un tout petit peu : l’entrée des mariés, la danse d’ouverture, la pièce montée, tout ça, c’est du bonheur en barre pour la vidéo. La photo, au contraire, n’aime pas trop ces moments : manque de luminosité et éclairage coloré de la salle sont deux gros problèmes pour ce média. D’ailleurs, beaucoup de photographes s’en vont à la fin du vin d’honneur. Mais si jamais le photographe est toujours présent, je préfère prévenir : je « cours » partout, je rentre dans un état second pour suivre les mariés au plus près, il vaut donc mieux qu’il reste un poil éloigné ! De toute façon, je donne mon plan d’action ainsi que le chemin que je compte suivre au photographe pour vérifier avec lui que ça va fonctionner.

Dans le pire des cas, dans ce genre de situations, ce n’est pas bien grave si j’apparais sur des photos. La danse d’ouverture par exemple est un moment très agité, avec plein de gens autour des mariés qui filment la scène avec leurs smartphones. Ce n’est pas ma présence qui va changer grand chose : il s’agît d’un instant pris sur le vif avec beaucoup d’animation. Cela n’a rien à voir avec l’intimité de la rencontre des deux amoureux par exemple. Ainsi, quand je me découvre ainsi sur une photo, je ne m’en veux pas trop :

Photo par Anne-Sophie Tranchet

Et puis le jeu en vaut la chandelle. Si je me restreignais dans ce genre de moment, je ne pourrais pas produire de vidéo comme celle de Fanny et Vincent :

Travailler avec quelqu’un que l’on connait

Malgré toute la bienveillance que j’ai pour les photographes, cela reste une contrainte préoccupante lors du tournage : je dois constamment avoir les yeux sur eux pour être certain de ne pas les gêner. C’est un peu plus fatiguant nerveusement, même si cela reste totalement gérable et que c’est un vrai plaisir de rencontrer de nouvelles personnes. Pour me faciliter la tâche, voici la solution :

Une magnifique photographe Anne-Sophie modèle 1987. C’est une professionnelle qui connait très bien son métier et nous avons l’habitude de travailler ensemble. Cela a plusieurs avantages :

  • chacun sait par habitude où l’autre va se placer ;
  • avant et pendant un mariage, nous passons chaque instant en revue pour nous mettre d’accord sur nos positions ;
  • Anne-Sophie n’hésite jamais à me gronder quand je la gène, c’est un vrai plaisir pour elle.
  • Elle travaille en lumière naturelle et n’utilise donc jamais le flash, ce qui évite les petits artefacts parasites sur mes vidéos. Dans l’absolu, ceux-ci ne me gênent pas du tout, mais c’est un petit bonus.
  • Dans le cas où elle se retrouverait dans mon champ, elle a l’avantage d’être petite et à peu près mignonne : elle ne va pas gâcher le plan.
  • Lors de l’après-mariage, nous continuons à travailler ensemble : nous revoyons chacun le travail de l’autre, et nous échangeons parfois des images pour certaines surprises.
  • Pour l’aspect financier : si le mariage nous permet de mutualiser nos frais de déplacements, cela se ressent sur la facture finale.
Tournage

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