Le challenge du reportage de mariage

Le plus dur ça reste quand même de faire le mariage de son propre frère.

Où j’explique pourquoi le filmage de mariage n’est qu’une activité secondaire pour moi, mais qui reste malgré tout très importante.

Mon passage en vidéaste à plein temps approche de plus en plus, et c’est dans ce contexte que j’affine mon offre de services. Une des grandes décisions récemment prises (mais qui était envisagée depuis longtemps) est de rendre mon activité « filmage de mariages » plus confidentielle, afin que cela reste un plaisir avant tout.

Concrètement, je ne rendrai plus publiques les vidéos de mes mariés, en dehors d’un clip récapitulatif par an comme celui-ci :

Je ne fonctionne déjà qu’au bouche à oreille : mes clients actuels m’ont tous été conseillés par des connaissances ou bien des anciens clients. Cela me permet d’avoir quelques mariages à filmer par été, sans pour autant remplir tous mes week-ends, ce qui est parfait pour moi. Ainsi, je n’ai pas besoin de faire une communication appuyée. Du coup, si le fait de retirer les vidéos me permet aussi d’un peu plus respecter la vie privée de mes mariés et de leurs proches, c’est encore mieux.

La suite de cet article explique pourquoi je ne souhaite pas m’engouffrer à fond dans les mariages, et pourquoi cela doit rester une activité annexe qui est avant tout un plaisir.

Un dur labeur

Sous mon plus beau profil. Photo par Anne-Sophie Tranchet

Une journée de mariage à filmer, c’est entre 10 et 14 heures de travail très intense, quasi ininterrompu. Si je décide de prendre une pause, à tout moment elle peut être abrégée. Pour chaque instant fort on n’a droit qu’à une prise : on ne peut pas demander au marié de redécouvrir son époux(se) lors du premier regard, on ne peut pas demander de relancer le bouquet, on ne peut pas demander de refaire la danse d’ouverture du bal, on ne peut pas demander aux mariés de se redire « oui » à la mairie ou à l’église. Aucun droit à l’erreur, on doit tout filmer correctement du premier coup, et de manière exhaustive. Bref : c’est stressant jusqu’au bout de la nuit.

La forme physique aussi est à prendre en compte : je passe toute la journée à me balader avec ma caméra et mon attirail, à courir dans tous les sens pour ne rien manquer, à installer des captations multi-caméras de cérémonies à toute vitesse. Je me lève à 7 heures du matin, je me couche à 3 heures le temps de rentrer et de lancer les backups.

Les mariages, ça a souvent lieu le samedi. Et en général, le dimanche, je le passe à dormir et à prendre soin de mes courbatures. C’est pas l’idéal pour partager des moments avec ma femme et ma toute petite fille.

La question financière

Pour le dire un peu crûment : un mariage, par rapport à du corporate, ça rapporte peu. De plus, les petits prix pratiqués par les vidéastes restent quand même de gros investissements pour les mariés, qui sont des particuliers.

Mes plus gros mariages représentent de vraies sommes pour mes clients. Mais de mon point de vue, pour la même quantité de travail, c’est environ 2 fois moins rémunérateur qu’une journée de conférence ou de salon à filmer et monter. Sauf que je ne peux humainement pas doubler mes tarifs, cela serait en contradiction avec ma vision du mariage. Ce doit avant tout être un moment de réunion et de bonheur, pas un gouffre financier.

Le plaisir avant tout

Ouverture du bal du mariage
Photo par Anne-Sophie Tranchet

Sachant que le mariage c’est très dur et que cela ne paie pas cher, pourquoi continuer ? Tout simplement car c’est une super expérience. Filmer un mariage, c’est passionnant. On fait des rencontres intéressantes, fun, émouvantes. Je pars à chaque mariage en me disant que j’ai tout vu, que je ne serai pas étonné, que j’ai l’habitude, que je vais tout maîtriser. Et à chaque fois je reviens plein de surprises, parfois même marqué par les leçons de vies que je reçois.

Et c’est pour ce plaisir que je ne veux pas remplir mes étés de mariages : pour ne pas me lasser. Pour que chaque prestation soit plaisante à réaliser.

Le mariage, idéal pour se former

Champagne

J’ai pu commencer professionnellement dans la vidéo grâce au mariage, et c’est un super domaine pour se lancer. Il est plus facile de trouver des clients particuliers pour un petit mariage que de prospecter des entreprises quand on a un book très mince. En général, on commence en filmant gratuitement un mariage de potes, et puis on s’en sert pour se vendre auprès de vrais clients par la suite.

Malgré la difficulté du tournage le jour J, il faut relativiser en se disant que les attentes des mariés en termes de qualité d’un reportage de mariage sont inférieurs à ceux de clients corporate : ils cherchent avant tout à revivre leur journée. Tant pis si l’image est parfois granuleuse ou un poil floue. Evidemment je n’accepte plus ce genre de défauts dans mes vidéos, mais je pouvais très bien vivre avec quand je me suis lancé, alors que je pratiquais des tarifs très abordables.

L’autre bonus du mariage pour se lancer, c’est que tout parait plus facile ensuite : dans toutes les autres prestations on peut plus facilement prendre son temps, mieux se préparer, souffler, recommencer si on se foire.

Séance photo lors d'un mariage

Au final, le plus important est de prendre du plaisir dans ce que l’on fait, et ma demi-douzaine de mariages par an en moyenne me convient totalement de ce point de vue !

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