Création d’entreprise : un an plus tard

Il y a un an, je créais ma boite de production Lapsody Films. On fait le point.

Les chiffres

J’ai réalisé sur ma première année un chiffre d’affaire de 45 000 €. J’en suis content, je pense que c’est un bon début, en tenant compte du fait que :

  • on est en période de crise, et j’ai totalement laissé tomber certains types de prestations (j’y reviendrai) ;
  • c’est ma première année, et mes années précédentes en vidéaste freelance comptent peu. En passant en boite de production, j’ai radicalement changé mon mode de communication et donc ma cible.

Ce chiffre d’affaires s’étale sur une dizaine de prestations. Ce chiffre est tout petit, et j’en suis content : je n’ai pas envie de faire de la masse, je préfère travailler dans le détail sur un nombre restreint de missions. J’aimerais idéalement faire x1.5 ou x2 grand maximum, en montant en budget et qualité sur les prestations acquises.

Les dépenses

J’ai acheté pas mal de matériel. Je suis assez content de moi : quasiment aucune fausse note, tout ce que j’ai acheté a été utile. La principale raison, c’est que je n’ai pas changé de caméra depuis 3 ans. Par contre j’ai envoyé beaucoup de billets dans de l’éclairage et des supports, beaucoup de supports. Des pieds, des barres, des rotules, des pinces… Mis bout-à-bout, ça représente une grosse somme. Et ça me sert à chaque tournage. Aucun regret donc.

Positionnement

J’ai clarifié et simplifié mon offre. La crise a beaucoup aidé pour ça : adieu l’événementiel, la captation de conférences, les aftermovies, les conférences de presse, etc. Je ne communique plus dessus, et si jamais un client a besoin de moi pour ça il pourra quand même me demander.

J’offre maintenant deux types de prestations bien définies. Cette segmentation est au centre de ma nouvelle stratégie de communication et de mon nouveau site web, en développement depuis des semaines sans que je n’arrive à trouver le temps de le terminer. Mais ça viendra, un jour.

Vidéo corporate industrielle

Mon offre la plus mature, avec une vraie différenciation par rapport à la concurrence :

  • j’ai une approche technique : je bombarde le client de questions pour comprendre son process, sa technologie, son fonctionnement. J’assimile totalement son métier, et je recrache toute cette masse d’info dans une vidéo de vulgarisation que quiconque peut comprendre.
  • j’agrémente les vidéos d’illustrations 3D un brin ludiques, toujours dans un but d’explications et de vulgarisation. Aussi, la 3D apporte une valeur visuelle supplémentaire à la vidéo.

Bref, je suis en confiance sur ce positionnement, et je pense pouvoir le développer sereinement sur les prochaines années.

Publicité web

Ce domaine est un peu plus balbutiant. J’estime faire un travail de qualité, mais je n’ai pas l’argument massue qui me différencie des autres. Je travaille actuellement sur des publicités à budget limité, ce qui me frustre énormément : je ne peux pas fournir toute la qualité visuelle que je souhaiterais. La principale cause, c’est que je suis obligé d’assurer plusieurs postes à la fois, et que ça limite fortement ma capacité de concentration. J’aimerais avoir la possibilité de déléguer toute la direction photo à un chef opérateur expert, qui s’occupe de la caméra et de l’éclairage.

Pour l’instant, ma technique est de monter peu à peu en gamme en offrant des trucs : si un prospect m’intéresse (de par ses valeurs ou son produit), j’offre un supplément de matériel, d’éclairage, de prise de son… Bref, Le petit truc en plus dont il n’a pas conscience de l’intérêt. Au client suivant, je fais un devis qui fait payer ces choses. Mais je passe à l’étape suivante en offrant d’autres choses de valeur : des accessoires cinégéniques, du motion design, de l’éclairage encore plus évolué… Et ainsi de suite.

Je ne sais pas si c’est LA bonne technique, mais pour l’instant ça vaut le coup d’essayer. Il faut juste accepter le fait que quand mon tout premier client revient me voir un an plus tard, il ne va pas forcément comprendre que mes prestations coûtent significativement plus cher. C’est une des raisons pour lesquelles travailler à bas coût a de grosses limites : on s’enferme dans ces prix bas. Nos clients prennent ces prix pour acquis, n’acceptent pas qu’ils montent et nous recommandent à des gens qui s’attendent aux mêmes tarifs.

Les side projects

J’ai plein de choses que j’aimerais faire : du développement de plugins pour logiciels de montage, du bricolage de matériel de prise de vue, etc.

Mais pour l’instant j’ai focalisé mon temps sur de l’écriture de fiction. Je ne sais pas si ça va mener quelque part, mais le sujet m’intéresse. Je ne me prends pas trop la tête : j’écris des trucs, je les envoie, et on voit ce que ça donne. Il y a de grandes chances que j’échoue, je cherche donc à ce que le chemin soit agréable à arpenter. Tant pis s’il ne mène nulle part.

La vie perso

Je hais le mythe de l’entrepreneur qui doit passer 70H par semaine sur son activité pour espérer réussir. Autant se flinguer tout de suite. Le but de la vie c’est de ne pas travailler. Et surtout, je ne crois pas aux bosseurs acharnés : j’estime qu’au delà de 6H de travail de bureau par jour on perd énormément en productivité. Faire plus d’heures est inutile voire nocif. Les petits malins qui se vantent de rester 80 heures par semaine devant leur écran n’ont pas d’enfants (ou alors c’est madame qui gère) et ils ne se rendent pas compte du fait que la moitié de ce temps est passée à baver l’air hagard sans rien faire. C’est impossible de tenir ce rythme sur le long terme, même si on adore notre boulot, même si on est jeune.

Ainsi, je fais des journées légères. Je passe le reste du temps à m’occuper de mes enfants, et en ces temps de confinement, à jouer à des jeux vidéos. Bon, même quand le Covid sera parti (dans 3 ans) je jouerai toujours à Warzone.

C’est facile d’avoir ce discours de branleur alors que je peux tenir financièrement le temps de pouvoir me verser un salaire décent : j’ai anticipé ma reconversion pendant 5 ans. D’autres sont un peu plus au pied du mur et peuvent se sentir obligés de faire des heures de dingue, juste pour le principe de se dire qu’ils auront tout tenté. Ça ne les fera pas mieux réussir pour autant, mais ça sera mieux accepté par une société qui croit au mensonge du « si tu es motivé et que tu bosses à fond tu vas forcément y arriver ».

Objectifs pour la prochaine année

Trois objectifs :

  • Doubler mon nombre de clients récurrents en vidéo corporate industrielle.
  • Réaliser une première publicité sans toucher à une caméra ni à une lumière. Tout déléguer à un directeur photo.
  • Écriture de fiction : obtenir un retour positif ou négatif d’une boite de production, pour voir si je continue ou si je mets en pause cette activité.
Entrepreneuriat

One Comment

  1. Bravo Olivier et félicitations pour cette première année!
    Je suis sur que tout ça va continuer dans le bon sens!
    Bises à toi et la petite famille
    Rémi

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