De développeur à vidéaste : forces et faiblesses

Souvent entendu : « Ça doit t’aider d’être informaticien dans le milieu de la vidéo, non ? ». Un peu, mais pas forcément là où on le croit.

Là où ça ne change rien

Les deux métiers sont totalement différents. Et la vidéo est un domaine majoritairement artistique, là où le développement (en tout cas dans le domaine que j’ai occupé) est très technique. Faire de belles images et surtout les monter correctement (car on peut faire une bonne vidéo avec des images pourries), cela n’a rien à voir avec mon autre activité de geek, celle-ci ne m’a rien apporté de ce point de vue.

Les petits plus

Quand on est développeur, on doit apprendre, réapprendre et désapprendre en continu. Il y a constamment de nouvelles technologies, de nouvelles versions d’outils et de nouvelles méthodes qui arrivent. Et il faut suivre le rythme en faisant de la veille et en s’auto-formant pour comprendre ces nouveautés. D’ailleurs, ça se fait très souvent sur notre temps libre, ce pourquoi je pense que dans ce métier, par rapport à d’autres types d’ingénieurs, on n’est pas excellemment bien payés.

Tout ça pour dire que cette habitude d’apprendre en continu m’aide énormément dans mon travail de vidéaste. Je vois beaucoup de vidéastes dire « il faudrait que j’apprenne telle technique (souvent du motion design), mais j’ai pas le temps et j’ai la flemme ». Je n’ai pas ce problème, qui est plus de l’ordre de la motivation et de l’organisation que de l’intelligence, quitte à échelonner mon apprentissage au fur et à mesure des prestations, selon mes besoins.

L’autre intérêt d’être un geek : je sais à peu près comment ça marche, la vidéo, sous le capot. Ça ne veut pas dire que les vidéastes pur-jus ne le savent pas, mais ce n’est pas majoritaire, et le fait d’avoir un background technique me facilite l’apprentissage à ce niveau. Ça peut faire la différence sur des points de détail. Je ne compte plus les vidéastes sur les forums/chaines Youtube/groupes Facebook qui ne comprennent pas les problématiques de bitrate VS résolution VS encodage, les questions de consommation mémoire d’un logiciel, ou encore les histoires de formats de capteurs et de longueurs de focales. Tout cela ne sert à rien si je filme n’importe comment, mais ça peut aider !

Les moins

Je suis ingénieur développeur de formation. Je n’ai pas fait de formation à l’audiovisuel, je suis autodidacte de ce côté. J’ai un point de vue assez old-school sur ce sujet : pour moi, les études et les formations, c’est important. Même dans la vidéo, domaine où l’on juge plus sur les résultats que sur les connaissances théoriques, je trouve qu’avoir subit une bonne formation est un vrai plus. Je pars avec un retard sur les connaissances techniques par rapport à ceux qui ont fait des études dans le domaine. A mes débuts j’ai beaucoup fait les choses au feeling, sans trop savoir pourquoi ça marchait. Un vidéaste/cadreur/réalisateur de formation, avec la même expérience, avait probablement plus de rigueur que moi à cette époque.

En tant que développeur (salarié, de mon expérience), on est dans une position plutôt confortable : on est facilement vus comme des experts, personne ne comprend ce qu’on fait, on est bien payés. On est des gros bébés cajolés. En cas de frictions avec le client, on a souvent un chef de projet pour nous « protéger ». En tant que vidéaste freelance, je trouve le contact avec les autres personnes un peu moins en ma faveur, et je prends un peu plus de tomates dans la tronche. Ça a été moralement dur à gérer la première fois que j’ai eu un interlocuteur hostile, chose qui arrive forcément à un moment.

Il est aussi plus difficile de justifier ces tarifs : beaucoup de gens ne savent pas qu’une vidéo représente un vrai budget. Enfin, les gens donnent plus facilement leur avis sur des vidéos que sur du code, ce qui peut rallonger les allers-retours sur les montages présentés.

Certes, peut-être que toutes ces différences de ressenti tiennent plus au statut de freelance qui diffère du salariat. Mais je ne peux m’empêcher de penser que certaines remarques désobligeantes que j’ai reçues entant que vidéaste n’auraient jamais été faites si j’étais intervenu entant que développeur.

Enfin, le passage au freelance m’a mis face aux clients directement : plus personne pour me prémâcher le travail ou faire passer les infos. Ce fut le plus gros bouleversement pour moi. Mais premiers contacts clients étaient, avec du recul, plutôt catastrophiques, car je ne savais tout simplement pas faire. Comme pour le reste, j’ai appris au fur et à mesure !

Philosophie

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