Débrief de tournage : travaux d’un magasin

Photo par Anne-Sophie Tranchet

Retour sur un tournage en mode marathon fractionné.

La vidéo

Après la Pluie est un institut de beauté à Lyon qui a subit un incendie il y a quelques mois. Les locaux étaient ravagés, mais les gérantes pleines de courage se sont engagées à tout reconstruire. Elles ont fait appel à moi pour filmer les travaux du début à la fin, sur deux mois et demie. Voici le résultat.

L’organisation

Nous nous sommes mis d’accord sur une journée de tournage au complet, soit 8 heures. Sauf que ces 8 heures seraient réparties sur 8 jours différents, à raison d’environ une séance de tournage par semaine. D’ordinaire, ce genre de répartition peut faire grimper le budget transports + préparation du matériel de manière déraisonnable. C’est pourquoi je conseille plutôt de faire moins de séances.

Mais dans ce cas, il y avait une aubaine à saisir : le magasin était à côté d’un lieu où je me rendais quotidiennement. En mutualisant les transports à condition de venir à des créneaux horaires très précis définis par moi-même en fonction de mes contraintes, j’ai pu éviter ce surcoût à mes clientes.

Le filmage

J’ai tourné la majeure partie des plans avec un GH4 monté sur un gimbal Zhiyun Crane Plus. J’ai renouvelé mon matériel aux trois quart du tournage, c’est pourquoi la fin de la vidéo est tournée avec un GH5S monté sur un DJI Ronin-S.

Au final le hasard a bien fait les choses : le GH4 ayant un peu de mal en basse lumière, le début de la vidéo comporte un grain que j’aime bien, et qui va bien avec le bâtiment délabré. Ensuite, on termine avec le GH5S qui a une image nickel, toute douce.

L’objectif reste le même sur tous les plans en dehors du timelapse : Sigma 18-35mm F1.8 monté sur un speedbooster de chez Viltrox.

Le drone

La vidéo fait figurer quelques plans aériens. Le tournage ayant lieu en agglomération, j’ai du réaliser une déclaration S-3 à la préfecture.

Photo par Anne-Sophie Tranchet

Le vol n’a eu lieu que dans la cour du magasin. Ainsi, la sécurité était facile à gérer : je n’avais qu’à fermer la porte derrière moi en interdisant l’accès à la terrasse. Seule une photographe m’accompagnait. Je m’assurais ainsi de ne survoler personne.

Le montage

J’ai dérushé ce que je tournais au fur et à mesure du tournage. Le temps total passé était ainsi plus élevé que si j’avais tout fait d’un coup. Mais cela avait l’avantage de me faire garder le projet en tête. Je pouvais me souvenir de ce que j’avais tourné auparavant pour assurer une cohérence et une continuité entre mes plans.

Une fois le tournage terminée, le montage est allé très vite : j’avais bien eu le temps de faire mûrir mes idées en 2 mois. C’était de toute façon nécessaire : le dernier jour de tournage était un lundi, et la vidéo devait être projetée à l’inauguration le vendredi. Il a fallu livrer très rapidement.

L’inconvénient avec le fait d’avoir gardé les images en tête pendant deux mois, c’est qu’à force de les revoir il était difficile de les juger correctement et de les choisir. En temps normal, on prend le temps de laisser un montage de côté pendant quelques jours pour s’aérer l’esprit et l’oublier, afin d’avoir un regard neuf dessus par la suite. Ici, je n’avais pas le temps, j’ai donc fonctionné en montrant différentes versions du montage à des collègues et proches pour recueillir leurs avis.

La musique

Le morceau a été acheté sur PremiumBeat. J’aime bien ce site, qui est pratique et pour lesquels les tarifs à l’unité sont corrects. Beaucoup d’autres sites fonctionnent à l’abonnement illimité, ce qui est top quand on est un youtuber qui enchaîne les vidéos. Dans mon cas, pour l’instant en tout cas, c’est inutile.

J’ai trouvé la musique en allant piocher dans une ancienne playlist que j’avais établie pour cette vidéo :

La musique d’Après la pluie était donc une musique candidate pour ma vidéo de Budapest, mais qui n’avait pas été retenue. Je l’avais quand même gardée dans un coin avec une demi-douzaine d’autres, car je savais qu’elle me servirait un jour.

Mon principal critère de recherche à l’époque était l’instrument de musique : je voulais du violoncelle. Une envie du moment que je n’explique pas trop.

Le timelapse

Le long plan à 1min30 était un mini projet à l’intérieur du projet. Il a fallu placer une caméra dans un coin de la pièce principale chaque fois que je venais, en reproduisant à chaque fois le même cadrage. Au niveau des réglages, ouverture à F22 (la plus petite ouverture proposée par le Laowa 7.5mm), et temps de pose d’une seconde, pour avoir du flou de mouvement.

En posant le trépied à cet endroit, je me doutais que j’aurais du mal à le repositionner plus tard. Mais je ne m’attendais pas à ce que le plancher disparaisse, ne laissant que des poutres au dessus de 3 mètres de vide.

On se croirait dans Cliffhanger.

Il a donc fallu un peu décaler le trépied, ce qui a un poil faussé ma continuité.

Au final, j’ai bien pu rattraper l’alignement en post-production : tant pis si tout n’était pas parfait, l’enchaînement allait assez vite pour que cela fasse illusion. Pour donner une idée, voici à quoi ça ressemble dans le logiciel de montage, avec les différentes prises qui sont superposées à grand coup de recadrage et redimensionnement.

Petite parenthèse sur le trépied : j’ai utilisé un vieux truc tout pourri auquel je ne tenais pas, au cas où il soit détruit. Je l’entreposais sur le lieu des travaux entre deux tournages, afin d’optimiser mes déplacements et mes temps de préparations. Le trépied restait réglé et déplié tel quel, il n’y avait plus qu’à le poser au bon endroit. A la fin des travaux, il était recouvert de plâtre !

L’usage du timelapse

Un mini débat intéressant qui a eu lieu au moment du montage : à quel endroit de la vidéo mettre le timelapse ? J’avais une approche très commerciale et « click bait » : je proposais de mettre le timelapse au tout début, en guise d’intro, pour attirer l’œil d’entrée. La vidéo allait finir sur les réseaux sociaux, je voulais un premier plan qui claque et qui donne envie de voir la suite.

Problème avec cette approche : cela ruinait l’aspect émotion de la vidéo. En mettant le timelapse plutôt vers la fin, on commençait vraiment avec un bâtiment en ruines sans savoir ce qui allait arriver ensuite. Et le timelapse servait ensuite de climax, c’était le point d’orgue de la vidéo. Or, les gérantes du magasin tenaient vraiment à l’aspect émotionnel, pour une raison simple : le premier but de la vidéo était de remercier leurs clientes et les contributrices pour leur soutien. Les principaux gens qui allaient regarder les vidéos était déjà acquis à la cause. Pas besoin de capter leur attention avec un money shot au début. On est donc parti sur cette orientation.

Conclusion

C’est toujours un plaisir de filmer des chantiers : bricoleur du dimanche, j’en profite pour voir comment les pros font. Et puis c’est toujours le lieu de rencontres intéressantes, de l’ouvrier discret un peu mutique au carreleur qui commence à mimer un strip-tease devant la caméra.

Le magasin se trouve à Lyon. N’hésitez pas à aller faire un tour sur leur site. Ce sont des femmes pleines d’énergie et extrêmement sympathiques.

Montage, Tournage

2 Comments

  1. Super travail c était très beau. Vous ne parlez pas de la musique de fond. Qui a choisi, ça la musique à aussi sa place et le morceau est sublime. Merci pour nous avoir permis de voir ces moments nous qui n étions pas présents.
    Je suis la Tata de Nath j habite montpellier.
    Merci beaucoup

    1. C’est une très bonne question, j’avais oublié de parler de la musique !
      Je viens de rajouter un paragraphe sur le sujet dans l’article. J’espère que vous y trouverez toutes les informations que vous souhaitez.

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