DJI Ronin-SC : la taille, ça compte

Ça s’enflamme beaucoup sur le dernier gimbal sorti par DJI. J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi.

Le Ronin-SC est une version plus petite du Ronin-S, et donc plus légère, et donc avec une capacité d’emport plus faible (2kg contre 3.6kg). Selon leur marketing, la cible est l’utilisateur de caméra mirrorless, par exemple les GH5 que j’utilise ou encore les possesseurs de Sony A7iii.

Depuis l’annonce du produit, beaucoup de gens revendent leur Ronin-S à tout-va, les prix s’effondrent, l’offre est plus forte que la demande. L’argument récurent : le Ronin-S est trop lourd, le SC suffit très bien avec ses 2kg d’emport. Je trouve ça inexact. Dans un gimbal, le payload maximum a au final peu d’importance. Il n’est quasiment jamais atteint, car il y a un autre paramètre qui est un vrai frein, du à la taille de la nacelle du gimbal : le form factor (comment on dit ça en français ?) du entre autres à l’objectif. Mettez un objectif un poil long et un poil lourd, et il faut beaucoup reculer la caméra sur son support pour l’équilibrer correctement. Conséquence immédiate : la caméra tape sur le moteur de roll à l’arrière. L’utilisation du gimbal devient alors beaucoup moins intéressante avec cette restriction de mouvement : un mouvement trop brusque peut entraîner un choc du boitier avec le moteur, et le « low mode » est inutilisable. Ça peut convenir sur des situations d’exception, mais c’est pas satisfaisant au quotidien. Tout ça alors qu’on est bien en dessous du poids maximum.

Ce « problème » de taille est déjà bien mentionné par certains tests. Il faut même aller jusqu’à retirer l’œilleton en caoutchouc du liveview de votre caméra pour faire passer le moteur in extremis.

J’en ai bien bavé avec mon Zhiyun Crane Plus (pourtant plus léger et avec un plus grand payload que le Ronin-SC) à faire des montages de poids improbables pour pouvoir utiliser mon énorme Sigma 18-35mm. Au bout d’un moment j’ai arrêté la blague et je suis passé sur le Ronin-S non pas directement pour son payload mais pour sa taille plus grande, qui permet d’absorber facilement la taille de ma caméra + objectif.

Il y a fort à parier que beaucoup de gens vont être déçus du SC au moment de l’équilibrer, ou bien au moment où ils voudront passer à des objectifs de meilleure qualité. Et c’est pour ça que je recommande de surdimensionner son gimbal par rapport à ses besoins : pour être paré au futur. je peux comprendre que le premier achat d’un gimbal passe par le Ronin-SC, comme ça a été le cas pour beaucoup avec le Zhiyun Weebill (qui joue dans la même catégorie). Mais partir d’un Ronin-S et faire le chemin inverse en terme de payload me semble être un non-sens total. Ou alors ça veut dire qu’on s’est sacrément planté en achetant le Ronin-S. Une erreur à 750 balles quand même.

Concernant les autres fonctionnalités du Ronin-SC, je vois mal en quoi elles justifient le remplacement du Ronin-S. L’active-track notamment ne sera jamais utilisé par quiconque veut faire des belles images bien cadrées.

Matériel

2 Comments

  1. Je suis tout à fait d’accord avec vous impossible de correctement équilibré le set GH5 Leica DG 12-60 de base avec le follow focus , le ronin sc réagit très mal.

    Je vais encore faire quelques essaies je suis néophyte sur ce type d’appareil.

    1. Un peu étonné que le 12-60 ne passe pas, je ne l’ai jamais eu en main mais il me semblait assez léger et petit pour le Ronin SC. Peut-être que c’est le follow focus qui rajoute trop de poids ?

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