Making of : publicité Vivlio

Petit récit de comment on a fait cette vidéo, dans l’ordre de tournage.

La vidéo finale :

Le métro

Scène tournée le matin du premier jour. Keolys, l’opérateur du réseau TCL, nous a donné accès pendant 4 heures à une rame du métro de Lyon. Les principales contraintes pour tourner gratuitement dans ce lieu étaient les suivantes :

  • la rame était à l’arrêt.
  • l’éclairage de la rame était sur batterie, il fallait vite tourner avant que celles ci soient épuisées.
  • nous étions dans un atelier de maintenance, sur une voie de garage.

On a été super bien reçus par toutes les personnes sur place, et ça nous a grandement facilité la tâche : nous avons pu choisir l’emplacement de notre rame et le fait qu’il n’y ait pas d’autre rame à côté de celle-ci.

Le plus compliqué était la configuration des lieux : nous n’étions pas dans une vraie station, il n’y avait pas de quai !

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Il fallait donc cacher le plus possible ce grand vide :

  • Ouverture de l’objectif à 1.8, le maximum, pour rendre l’arrière plan le plus flou possible. D’habitude je n’aime pas trop l’abus de bokeh, j’ai beaucoup d’affection pour les grandes profondeurs de champs. Mais là, on ne pouvait pas faire autrement.
  • Cadrage légèrement en contre plongée.
  • Placement des figurants de manière à cacher le fond.

Au niveau de l’éclairage, c’était aussi très compliqué : impossible de poser des projecteurs où l’on voulait, vu qu’on ne pouvait pas descendre sur les rails. On ne pouvait que se mettre sur les petits quais d’un mètre de large, qui étaient soit collés à la rame soit à plusieurs mètres.

La meilleure tricherie que l’on a employée a été ce tube LED caché en plein dans le champ, en mode « sisi c’est une lumière du métro je vous jure » :

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Pour le reste, on a pu se débrouiller sur les gros plans en faisant une lumière douce et à peu près maitrisée :

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A noter qu’on a fait un « poor man’s process » sur ce plan afin de faire croire à une rame en marche : un assistant sur le quai faisait pivoter un projecteur afin de simuler la lumière du tunnel qui passait.

Mon regret est de ne pas avoir pu plus soigner ce plan :

L’éclairage est plus dur et moins flatteur que sur le précédent plan car j’ai du retirer un cadre de diffusion qui était sur la droite, pour laisser passer les figurants sortant de la rame.

A première vue ce n’est pas grave : plus les plans sont larges, plus ils sont difficiles et couteux à éclairer, moins les visages sont jolis. Et ce n’est pas un problème, car les visages sont plus petits. Sauf que j’ai décidé au montage de recadrer le début de ce plan et ainsi d’agrandir le visage. Ceci afin de rajouter un raccord dans l’axe au moment du choc des épaules qui était trop peu percutant.

Le reste des plans de rame en mouvement ont été tournés d’autres jours : j’ai fait deux heures d’allers retours entre deux stations, à la recherche de la parfaite ouverture de porte sans qu’un usager ne rentre dans le champ, c’était passionnant.

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On s’est demandé s’il fallait que les personnages aient des masques ou pas. Dans le doute, on a tourné les deux versions. Petite dédicace au fameux tube LED qu’on voit plus que jamais dans la version avec masque.

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Enfin, il a fallu se débrouiller avec les moyens du bord pour les figurants : nous tournions dans un lieu sensible en période Covid, nous devions donc avoir l’équipe la plus réduite possible. Ainsi, quasiment toute l’équipe de tournage s’est retrouvée devant la caméra : les personnes représentant le client, la maquilleuse, et mon assistant lumière Cyril quand il n’était pas en train de manipuler du matériel.

Le boulot

Scène tournée l’après-midi du premier jour, dans les locaux du client. Le premier plan de la scène est celui qui a demandé le plus de travail en post-production :

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Plan original
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Plan retouché

On a donc :

  • L’effacement de tous les logos Apple. Fastoche.
  • L’ajout de tableaux supplémentaires. Normalement les deux vrais tableaux du milieu devaient être beaucoup plus espacés pour combler le blanc sur les côtés. Car les murs blancs à l’image, c’est le mal. C’est triste, c’est plat, c’est NUL. Sauf que les attaches aux murs empêchaient de bouger les tableaux.
  • Le comblage du trou de la table au milieu. L’idée originale était d’avoir la caméra évoluant par dessus la table totalement « pleine ». J’avais prévu un rig à base de trépieds et barre horizontale à laquelle serait suspendue un gimbal. Je l’ai testé une semaine avant le tournage : ça ne marchait pas. On a donc écarté les tables et bouché le trou avec un bête plan 2D inséré dans un espace 3D basé sur le tracking de la caméra. J’ai rajouté un téléphone en 3D pour le fun.

Et enfin, comme pour le métro, on a décliné cette scène en versions avec/sans masque. Est-ce que j’ai eu la grosse flemme de rajouter le téléphone sur une des deux versions car de toute façon le client n’avait rien demandé de tout ça ? Oui bien sur.

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Le petit déjeuner

Cette scène ainsi que celle du soir ont toutes les deux été tournées le second jour dans la même maison.

Pas d’astuce particulière pour la scène du matin. Il s’agît de la seule scène sur laquelle j’ai utilisé une machine à brouillard.

Le dodo

Tous volets fermés, et éclairage avec des lumières chaudes. J’ai fait pas mal de post-prod pour assombrir tout ce qui était autour de l’actrice afin de créer du contraste et l’isoler au milieu de la nuit.

Nous n’avions pas d’acteur pour jouer la « forme » du mari. Nous savions que nous allions nous débrouiller avec les moyens du bord. Et c’est tombé sur notre maquilleuse Laura Berthet ! Elle a eu l’immense privilège de se mettre sous une couette par trente degrés en plein mois de juin.

Une fois venu le moment de tourner le plan où le mari remue, on a eu peur que l’on aperçoive la silhouette de femme de Laura. J’ai donc joué le mari qui gesticule.

Matériel utilisé

La caméra était une BMPCC6K. C’était ma première publicité avec ce joujou, et elle m’a impressionné. L’image est magnifique, riche en informations, et le BRAW est un régal à manipuler. J’adore les menus de la caméra qui sont très simples et intuitifs. Mon seul regret : le bouton REC est mal placé, surtout si on accessoirise la caméra avec une cage, chose quasi obligatoire vu son horrible forme. Et impossible pour moi de déporter ce bouton : le faire monopoliserait la prise USB, ce qui empêcherait l’usage d’un disque dur SSD pour enregistrer les images. J’ai testé une solution batarde un peu DIY à base de dongle blutooth, mais ça n’est pas fiable.

L’optique était le fameux Sigma 18-35mm, une valeur sure. J’y ai adjoint un filtre de diffusion Black Pro Mist de chez Tiffen, comme sur absolument toutes mes autres productions utilisant ce genre de petite caméra qui n’a pas de filtre OLPF.

Au niveau lumière :

  • Aputure 300D pour la keylight sur quasiment toutes les scènes.
  • Aputure 600D pour faire des entrées de jours ou éclairage tunnel du métro
  • Panneau LED Aputure pour certaines backlights
  • Tube LED d’une obscure sous marque chinoise pour le métro
  • Une minette Aputure pour accentuer certains éléments de décors.
  • Des gélatines, réflecteurs, diffuseurs…

Je vous ai dit que j’aimais bien Aputure ?

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