Vidéaste à plein temps : un an plus tard

Petit bilan d’une première année d’activité à plein temps.

J’ai quitté mon emploi salarié pour devenir entrepreneur à plein temps il y a un an. Bon, c’était en juin, donc plutôt il y a 10 mois en fait. Mais au vu de la situation covid-esque actuelle, on peut déjà tirer le bilan, vu qu’il ne se passera rien pour moi dans les deux prochains mois (mais j’y reviendrai).

Je vous préviens, je raconte ma vie dans cet article, ça risque de vous ennuyer profondément. Mais avant tout, un petit retour en images :

https://vimeo.com/387388674

Deuxième moitié 2019

J’ai terminé l’année 2019 sur une très bonne dynamique. J’ai réalisé un chiffre d’affaires facturé de 36 000 €. En soi c’est ridicule, mais pour un lancement d’activité au bout de 6 mois, je suis très satisfait.

J’ai filmé plein de choses intéressantes, et je peux dire que je me suis éclaté. C’est un vrai plaisir de découvrir des domaines inconnus et d’apprendre rapidement à cerner les problématiques importantes. Ainsi, je sais maintenant comment on construit un bassin de rétention, quels sont les avantages de l’outillage de jardin sur batterie, comment on fabrique soi-même des produits cosmétiques bio, comment on produit du levain…

Le Noël de la lose

J’ai eu une grosse période de creux inattendue, par manque d’expérience, autour de Noël :

  • deux semaines avant les vacances, la majorité des clients est à la bourre pour boucler son année, les gens se concentrent sur leurs listes de tâches urgentes, et en général la vidéo n’en fait pas partie.
  • pendant les deux semaines de vacances, il n’y a pas âme qui vive.
  • pendant plusieurs jours suivant le nouvel an, les gens reviennent pépère et ne se ré-intéressent pas à la vidéo immédiatement.

Le plus fun dans tout ça est que je me suis mis une pression de malade pour finir tous mes projets avant les vacances, afin de contenter mes clients avant qu’ils partent. Sauf que pas mal d’entre eux (en dehors des commerces concernés par les courses de Noël) s’en foutaient un peu, en fait.

En bref, j’ai passé un gros mois sans avoir grand chose à faire, et sans m’y être préparé, gros bleu que j’étais. Le temps que je me rende compte qu’il n’allait pas se passer grand chose, j’ai pu mettre à profit ce temps libre en faisant de la prospection et en réfléchissant à la création de ma boite de production. Mais cette période n’a pas été bien bonne pour le moral. Je l’aborderai bien différemment les années suivantes.

Début 2020, c’était bien

Le début de l’année s’annonçait bien. Au programme :

  • des clients fidélisés qui revenaient ;
  • des prospects très intéressés ;
  • une création de boite de production prévue pour le mois d’octobre.

Et puis soudain :

Je vais pas trop m’étaler sur la suite, vu qu’on vit tous la même chose, mais en gros, tout est au point mort : tournages reportés, prospections stoppées. Et surtout, impossible de préparer l’avenir avec mes clients : en face, il n’y a plus grand monde qui travaille, et ceux qui restent ont probablement autre chose à faire que de se préoccuper des sujets qui me concernent. Il serait malvenu de lancer une campagne du communication dans cette période.

C’est pourquoi j’ai fortement avancé le projet de boite de production, dont le site a été mis en ligne il y a quelques jours : j’ai du temps pour le faire, donc autant le faire tout de suite. Ce sera du temps gagné par la suite. Au niveau administratif, je suis toujours en micro entreprise. La clôture de celle-ci suivie de la création de l’EURL va avoir lieu très prochainement. Mais au moins, la partie communication est lancée.

Charges et investissements

J’ai pas mal dépensé en software : logiciels de montage et retouches, packs de sons et de motion design, débruiteur d’image, et j’en passe.

J’ai aussi pas mal investi niveau matériel, surtout au niveau éclairage. J’espère garder mes GH5 et GH5s encore longtemps sans upgrader avant plusieurs années. Et si un tournage nécessitant une « belle caméra cinéma » se présente, je ferai appel à un cadreur/directeur photo équipé.

La santé

Dans ma précédente vie j’avais pour habitude de chopper un ou deux syndromes grippaux (voire la grippe tout simplement) par hiver. J’en ai même eu un en plein été.

Depuis mon passage en indépendant, je suis en parfaite santé. J’ai passé l’hiver sans le moindre virus, pas même le Covid (pour l’instant). Les raisons :

  • Je travaille majoritairement de chez moi. Je ne me rends plus dans des open-spaces de start-ups qui sont infestés de microbes et de gens qui continuent à venir bosser la mort dans l’âme alors qu’ils sont contagieux comme c’est pas permis.
  • Durant mes 5 dernières années de salariat, le trajet vers le travail était très pénible. Il m’imposait de me réveiller tôt et me fatiguait. Rien de mieux pour fragiliser et rendre sensible aux virus.

J’ai toujours été un défenseur énervé et énervant du télétravail. Ce critère de la santé m’est apparu comme un nouvel argument en faveur de cette pratique.

Bonheur ou malheur

La question la plus importante : suis-je content de ma situation actuelle ? Car avant tout ça, j’étais développeur Web, en CDI, bien payé. Je n’ai donc pas fait cette reconversion pour autre chose que me sentir mieux.

Je suis globalement beaucoup plus heureux qu’avant. Je suis à 100% satisfait de ma décision de changer de vie professionnelle, et j’encourage chacun à se poser les mêmes questions que moi.

Je suis très casanier, donc le fait de travailler de chez moi est un bonheur absolu. En moyenne je sors une fois par semaine pour tournage ou RDV client. C’est le rythme parfait.

Le seul point négatif est évidemment le stress inhérent à l’entrepreneur : on a peur de ne pas faire de chiffre, on surveille la trésorerie. Il faut apprendre à lâcher prise. Pour l’instant je travaille avec un filet donc je n’ai aucun stress, mais dans pile un an, ce sera différent.

La suite

J’avais prévu comme objectif de doubler mon chiffre d’affaires. J’en suis actuellement à 20 000 € de CA facturé sur 2020, ce qui est encourageant, mais je ne sais pas encore si j’arriverai à facturer quelque chose de plus d’ici la fin de l’année.

Je suis très craintif de la durée de cette pandémie et le temps nécessaire par la suite pour remettre l’économie en marche. Le mois de juin est censé être très chargé en événements et tournages, mais il faut se préparer à ce que l’interdiction de se rassembler soit maintenue. Je crois que j’ai un pressentiment beaucoup plus pessimiste que mes clients qui n’ont pas l’air très convaincus quand j’annonce croire à une reprise de l’école au mois de septembre. Mais bon, je peux me tromper.

Donc on verra au jour le jour de ce côté : impossible de faire des plans quand on ne sait pas à quel moment on va pouvoir sortir de chez soi.

Malgré tout ça, je reste très positif : je m’étais donné dès le départ jusqu’à juin 2021 pour avoir une activité lucrative, ayant fait les provisions nécessaires et bénéficiant des aides de Pole Emploi. Je peux me permettre des mois sans revenus, pour l’instant. Ces deux premières années sont faites pour tester mon business et ajuster la cible.

Philosophie

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